Carnet de bord

Balade Irlandaise

Chers lecteurs, voilà un long moment que les pages de ce blog ne s'étaient plus étoffées. Depuis notre voyage en Espagne fin 2008, où nous étions partis avec un bébé à bord... de mon ventre, Emma est arrivée parmi nous. En tant qu'officiels Maman&Papa poules, nous avons attendu qu'elle approche de son 1er anniversaire pour la confier quelques jours à ses grands-parents et entamer notre balade irlandaise. 

Mardi 11 mai 2010 : direction Marseille où nous attend – normalement – notre vol Aerlingus vers Dublin. Jusqu’au dernier moment notre départ est resté conditionné par les déplacements du nuage de cendres volcaniques au-dessus de l’Europe. Finalement nous avons pu décoller en temps voulu pour découvrir les terres celtes.

Compte tenu de l’incertitude de notre voyage, nous avons attendu le + tard possible pour réserver une voiture de location et avons quitté le sol français sans le message de confirmation d’autoescape, donc sans savoir vers quelle agence nous diriger à l’arrivée ! Heureusement " super sister " a récupéré l’info à temps pour nous permettre de dénicher le comptoir " 123 Budget " planqué au fin fond de l’aéroport de Dublin. Cette fois nous voyagerons à bord d’une petite Micra rouge… avec le volant à droite, of course !

Le temps d’acheter une carte routière (assez superficielle comme d’habitude – la co-pilote étant devenue experte en déchiffrage de plans aléatoires) et nous partons vers Belfast, première étape de notre itinéraire irlandais. Le trajet s’effectue facilement en 3 heures sur l’une des rares autoroutes du pays. Par contre, une fois entrés dans la ville, c'est une autre histoire… profusion de sens interdits et rues engorgées !

On parvient finalement à se stationner dans le centre et la recherche d’un distributeur de billets nous conduit par hasard devant l’impressionnant City Hall. Abritant désormais la mairie de la ville, il a été bâti en 1898, sous le commandement de la reine Victoria, qui souhaitait récompenser la ville, pour sa production dynamique de cordes et l'essor de son ingénierie.

Nous arpentons ensuite les quartiers ouvriers de Belfast Ouest (ambiance " Full Monty") au grès des différents " murals " rappelant le passé troublé des lieux. Ces représentations chargées d’histoire traduisent les combats, les souffrances et les espoirs des habitants de la capitale de l’Irlande du Nord, où se sont affrontés pendant des années catholiques et protestants.

Aujourd'hui, même si leurs relations se sont apaisées, les deux communautés vivent encore séparées, avec un Peace Wall entre leurs quartiers respectifs. La catholique Falls Road évolue pratiquement parallèlement à la protestante Shankill Road, quelques centaines de mètres plus loin.

Certaines fresques reflètent diverses revendications identitaires à travers le monde, d'autres sont plus légères comme les marques de soutien aux équipes de football locales.

De retour dans le centre-ville, il est temps de chercher un endroit pour dormir ce soir… Toujours à cause du volcan islandais, nous n’avons rien réservé à l’avance et constatons rapidement que les hôtels et Bed & Breakfast sont complets. Le trafic étant toujours aussi dense, David m’attend dans la voiture pendant que je fais du porte-à-porte avec mon anglais médiocre pour trouver un hébergement dans le quartier de l’Université. Nous sommes finalement " sauvés " par le brave propriétaire du B&B Marine, qui, après maintes coups de fils, nous envoie juste en face, chez " The George " où l’on profite d’une annulation pour récupérer une petite chambre individuelle sous les toits !

Soulagés de ne pas avoir à dormir dans la Micra, nous allons fêter ça au " Crown Liquor Saloon ". La déco extérieure de ce pub est magnifique. La bière y coule à flots, les discussions entre habitués au fond des " snugs " (petits box) vont bon train couvrant la musique.

 
 

Dîner à proximité, chez " Darcy’s " où l’on discute en français avec un serveur irlandais à l’accent belge ! Les plats sont copieux et les desserts particulièrement alléchants. Petit arrêt pour contempler le bâtiment de l'université illuminé avant d'aller se coucher.

Mercredi 12 mai : Irish breakfast pour David, continental pour moi (commençons en douceur !). On sort du B&B sous … la grêle ! ! ! Nous quittons Belfast pour rejoindre les " Glens of Antrim " plus au nord (neuf vallées verdoyantes qui s’étendent de Larne à Ballycastle en se jetant dans le bleu de l’océan). Le soleil est revenu et nous accompagne sur les petites routes qui serpentent le long de la côte à travers les prairies en pente, où paissent les moutons. Le jaune éclatant des joncs à cette saison illumine encore davantage le paysage.

Passage par Glenarm, petite cité portuaire dont on voit encore les anciennes fortifications. Sur le bord d'une petite route, ce ne sont pas des moutons transgéniques mais bien des lamas qui broutent paisiblement ! Plus loin un de mes amis aux grandes oreilles !

Arrêt au cap de Torr Head qui pointe du doigt les terres écossaises juste en face.

Traversée du village de Cushendun avec ses cottages blancs à toit d’ardoise. Déjeuner dans la station de villégiature de Ballycastle.

L’après-midi nous nous rendons tout d’abord à Carrick-a-Rede, ce nom peut se traduire comme " le rocher sur la route ". Après une courte marche on emprunte un pont suspendu au-dessus des flots pour rejoindre le rocher planté dans l’océan, où diverses colonies d’oiseaux ont élu domicile, notamment pour la nidification.

Le pont relie l'île depuis plus de 350 ans, il servait originellement aux pêcheurs à rejoindre ce lieu de passage des saumons migratoires.

Pas de poisson à l’horizon par contre on croit reconnaître au loin des puffins, mais non, ça sera peut-être pour + tard dans le voyage… suspense. Ici, une ornithologue nous explique qu’il s’agit de " guillemots " et " kittiwakes ".

L’étape suivante, la + attendue de cette journée : la chaussée des géants. Il existe deux versions pour expliquer l’origine de cette curiosité géologique : 38 000 colonnes de basalte vieilles de 60 millions d'années, démarrant au pied des falaises et finissant par se perdre sous l'océan.

Explication n°1 : cet étrange paysage serait dû à l'éruption d'un volcan, dont la lave en refroidissant, a façonné ces colonnes dont les plus grandes mesurent 12 mètres.

Explication 2 : selon la légende, deux géants ennemis vivaient de chaque côté de la mer, l'un en Écosse appelé Benandonner et l'autre en Irlande, Finn MacCool. Le géant écossais traitait son rival irlandais de froussard jusqu'au jour où celui-ci, piqué au vif, dit à l'écossais de venir se battre pour lui prouver qu'il était le plus fort ! Mais comment franchir la mer ? L'Irlandais jeta des pierres dans l'eau pour construire un chemin praticable, une "chaussée" entre l'Écosse et l'Irlande. Mais quand il vit approcher son adversaire, l'Irlandais fut pris de panique car il était beaucoup plus petit que son adversaire ! Il courut demander conseil à sa femme, qui eut juste le temps de le déguiser en bébé avant l'arrivée du géant écossais. A ce dernier, elle présenta son "fils", qui n'était autre que son mari déguisé. Le géant écossais, voyant la taille de ce "bébé", prit peur. Affolé à l'idée de la taille du père et par conséquent de sa puissance, il prit ses jambes à son cou et s'en retourna dans ses terres d'Écosse en prenant soin de démonter la chaussée pour que l'Irlandais ne risque pas de rejoindre son île.

J’opte pour la version des géants et David pour celle de l’éruption volcanique, on ne saura jamais qui a raison.

Nous arrivons trop tard pour visiter la distillerie de whisky Bushmills, la + ancienne du pays, mais rien que l’odeur d’alcool devant le bâtiment est saisissante. On réussit par contre à entrer, juste avant la fermeture, dans l’enceinte du château de Dunluce dont les ruines surplombent l’océan. Avant la visite, petite vidéo qui retrace l’histoire des lieux, attention aux spectaculaires effets spéciaux pour les besoins de la mise en scène Surprise

Nous dormirons encore en Irlande du Nord ce soir, à proximité de Londonderry à " Killennan House ". Gros coup de chance pour réussir à dénicher le B&B à l’écart du village, en pleine campagne. L’endroit est plein de charme, des lapins cavalent dans le jardin et l’accueil de la propriétaire est des + chaleureux.

Jeudi 13 mai : Petit déjeuner gargantuesque, dès notre levé nous sentons de délicieuses odeurs s’échapper de la cuisine. Nous nous attablons avec deux américains qui reviennent régulièrement sur les traces de leurs ancêtres irlandais. J’ai commandé des crêpes fourrées de fraises fraîches et arrive à peine à finir mon assiette tant elle est remplie.

Avant de quitter Londonderry, nous visitons la vieille ville, un peu triste sous un temps maussade. Nous longeons les fortifications qui surplombent le quartier nationaliste de Bogside où se sont déroulés de violents affrontements avec l’armée britannique dans le passé, notamment lors du " Bloody Sunday " de 1972. 

La ville est ainsi scindée en deux parties distinctes, de part et d'autre de la rivière Foyle, l'une majoritairement catholique, l'autre protestante.

Puis départ sous la pluie à la conquête du Donegal. Au bout d’une langue de terre nous arrivons à St John Point, le cap verdoyant, battu par les vents et les embruns marins, est gardé par un phare et des vaches étonnées de notre présence. Nous admirons ce courageux pêcheur malmené par les flots sur sa petite embarcation…

Pause sandwich à midi sur le port de Killybegs, l’un des 1ers d’Irlande en tonnage de poisson. A cette heure-ci l’activité est calme et les hommes en mer.

Etape suivante aux vertigineuses falaises de Bunglass (ou Slive league), parmi les + hautes d’Europe, de quoi avoir le vertige. Contrairement aux indications du Routard, l’accès est sécurisé jusqu’au 1er point de vue et sans danger. Par contre il est vrai que pour monter jusqu’au sommet la + grande prudence s’impose, surtout en cas de mauvais temps. Nous profitons d’un soleil radieux et de l’absence de vent pour faire un peu de grimpette et prendre notre goûter à 600 mètres au-dessus de la mer.

Nous faisons route ensuite en direction des grottes de Maghera en passant par les chutes d’Assaranca. Le décor est sublime, tous les paysages de l’Irlande y sont réunis. Les falaises font face aux prairies. Au milieu s’étend une immense plage bordée de dunes qui abritent l’intérieur des terres des tourments de l’océan.

 

La marée est montante et on arrive un poil trop tard pour rentrer dans la grotte depuis la plage. Il nous faut donc escalader les rochers pour apercevoir l’intérieur, à cet endroit se tenaient des messes clandestines à l’époque où les catholiques étaient opprimés. Ils avaient intérêt à bien calculer les horaires des marées, pas comme nous… attention terrain glissant et c’est l’occasion de vérifier l’étanchéité de mes chaussures de rando !

Nous terminons notre boucle par un petit arrêt dans la ville de Donegal, très typique avec son château et son église que l’on aperçoit au détour de rues gorgées de pubs. Nous conseillons vivement l’endroit pour y faire étape plutôt que Sligo où l’on passera la nuit.

En effet, tout est un peu glauque à Sligo, du B&B que je ne citerai pas, jusqu’aux quartiers du centre-ville. Nous avons bien du mal à trouver un resto sympa pour le soir, entre ceux qui sont fermés et ceux dont l’enseigne, à elle seule, nous fait fuir ! On trouve finalement une table chez " Fiddlers Creek ", plats raffinés et copieux, le pub ne désemplit pas, serait-ce ici que se cachaient tous les habitants et touristes de la ville ? 

Vendredi 14 mai : nous quittons sans regret Sligo. Petite halte à Strandhill, une station balnéaire réputée pour son spot de surf, sa plage bordée de dunes et son golf. Nous visitons ensuite les tombes mégalithiques de Carrowmore, parmi les + anciennes d’Europe puisque certaines d’entre elles datent de 4370 avant JC.

On aperçoit au loin le tombeau de la reine Maeve juché en haut d’une colline dominant Stranhill : Knocknarea Mountain (possibilité de petite rando jusqu’au sommet mais notre journée étant chargée nous devons y renoncer).

On s’engage désormais sur des routes plus étroites et tortueuses, voire fantômes car nous ne trouverons jamais une de celles indiquées sur notre plan (la co-pilote aurait-elle eu une absence ?). On emprunte un " itinéraire bis " qui nous conduit en fin de matinée à Achill Sound, porte d’entrée de Achill Island, où un pont tournant, relie l’île à la terre ferme irlandaise.

Arrêt dans le village, une soupe et ça repart ! L’après-midi sera consacré à la découverte de l’île dont nous allons faire le tour en empruntant " l’Atlantic Drive " qui nous conduit tout d’abord devant un petit cimetière marin où les tombes sont gardées par des moutons ! Quelques mètres + loin s’élève la tour fortifiée Carrickildavnet. Les îliens l’appellent souvent Grace O’Malley’s Castle car la reine des pirates a habité ce lieu stratégique.

Nous longeons la côte sud-est de l’île vers Dooega, un petit village de pêcheurs. Les vagues viennent s'écraser sur les rochers noirs.

Puis la route repart vers le centre de l’île à travers une vallée de tourbières et rejoint la R319 près de Cashel. On fait alors chauffer la Micra pour arriver au sommet de Minaun Mont d’où l’on observe un magnifique panorama (venté) à 360° sur toute l’île, des côtes déchiquetées jusqu’aux plages de sable blanc, en passant par l’intérieur des terres vallonnées.

Nous croisons de nombreux moutons, certains portent même nos couleurs nationales pour nous souhaiter la bienvenue sur leur île ! 

Passage par Keel et Dooagh d’où l’on s’envole vers les Caraïbes… avouez que la photo prête à confusion, à Keem Beach il ne manque plus que les cocotiers ! Cette plage était autrefois utilisée par les pêcheurs de l’île. Jusque dans les années 50, les eaux de Keem Bay accueillaient des requins-pèlerins qui ont aujourd’hui disparu suite à la chasse effectuée pour l’exploitation de leur huile.

On s’enfonce ensuite un peu + dans l’île pour découvrir le village fantôme de Slievemore, dont il ne reste que les ruines des maisons alignées à flan de colline. Ces cottages étaient habités pendant la période estivale par des familles de bergers qui y laissaient leurs troupeaux profiter de l’herbe verte. L’hiver ces mêmes bergers habitaient dans les villages de Dooagh ou Poolagh. Cela jusqu’au milieu du XIXème siècle quand la tragique période de la Grande Famine vit les habitants, poussés par la faim, abandonner massivement leurs villages pour se réfugier sur la côte ou tout simplement fuir l’Irlande.

Mais aujourd’hui encore, le berger et ses chiens viennent rassembler leurs moutons, c’est aussi l’heure pour nous de rentrer. Arrêt photo sur le chemin du retour au-dessus d'un terrain de golf implanté dans un cadre idyllique !

 

Nous ferons étape ce soir à Westport au B&B "Ceaol na Mara" et dégusterons un très bon repas le long des quais chez "The Helm".

Samedi 15 mai : journée consacrée à la découverte du Connemara. Inutile de vous dire que j'ai la chanson de M. Sardou en boucle dans la tête toute la journée. Bon, les températures ne sont pas suffisantes pour "se jeter nu dans un lac" mais le soleil est au rendez-vous et la luminosité sublime.

Arrêt devant l'abbaye de Kylemore. Le château construit au cours des années 1860 fut racheté par la communauté des sœurs bénédictines, qui y trouvèrent refuge en 1920, après la 1ère Guerre Mondiale. Le bâtiment de style néo-gothique abrite désormais une école secondaire réputée pour jeunes filles.

Le Connemara présente plusieurs visages, celui du littoral particulièrement déchiqueté et présentant des anses profondes où les montagnes viennent s'enfoncer dans la mer, et celui de l'intérieur au sol ingrat de rocailles, landes et tourbières parsemé de lacs et au climat venteux et rude. En ce qui nous concerne, nous commençons par la partie côtière, moins hostile et où sont donc venus s'installer la plupart des habitants. Elle nous offre de beaux panoramas.

L'eau turquoise borde des plages de sable blanc et des mousses fluorescentes recouvrent les rochers.

Les vaches font toujours parties du décor !

Pour le déjeuner,  étape à Liscannor où l’on déguste sur un coin de table la meilleure soupe de poissons du monde chez Vaughan’s, un pub typique à la belle déco marine. Un délice ! A goûter absolument si vous passez dans le coin.

Vue par la fenêtre du pub,à marée basse...

L'après-midi nous parcourons le coeur du Connemara, petite promenade à Recess dans une fôret de pins valonnée, au bord d'une rivière sinueuse. Le départ s'effectue devant le château de Ballynahinch devenu un hôtel de luxe. Les riches clients se prélassent devant un feu de cheminée quand nous entrons dans la demeure du XVIIIème siècle, avec nos tenues de rando, pour récupérer les itinéraires de balades à la réception ! L'accueil est toutefois resté très charmant !  

Puis nous longeons les célèbres "Twelve Bens" ou "Twelve Pins" ("Douze sommets") de quartzite résistant draînés par des torrents qui génèrent de multiples lacs. Le Lough Corrib (Lac Corrib) est le 2ième plus grand lac d'Irlande, d'une longueur de 58 km il compte 365 îles.

En arrivant à Galway, je sonne à la porte de plusieurs B&B mais la plupart sont complets. Il faut s’éloigner un peu du centre-ville pour trouver notre bonheur à "Kilbree House" où la propriétaire nous propose sa + grande chambre à la jolie déco boisée.

Retour le soir en centre-ville sous une pluie battante, notre 1ère " saucée " du voyage. Le parapluie ne sert plus à grand chose, l’averse s’abat sur nous à l’horizontale ! On cherche un resto au pas de charge et trouvons une table trop touristique, sans charme particulier.

Dimanche 16 mai : le Burren, un superbe coin d’Irlande, surtout à cette saison où des petites fleurs printanières se dressent sur les plateaux calcaires, surplombant l’océan.

Le petit cours de géologie du jour, pour décrire cette région : il s’agit de vastes étendues de blocs karstyques argentés, les " clints ", parcourus par d’étroites fissures, les " grykes ". Le milieu humide et abrité que constituent ces fissures a permis l’éclosion d’une flore exceptionnellement riche. On y trouve un étonnant mélange d’espèces méditerranéennes, arctiques ou alpines. Pourtant, il fut un temps où les collines du Burren étaient recouvertes de terre et de bois ! Mais les premiers sédentaires qui s’installèrent dans la région déboisèrent et utilisèrent les collines comme pâturage, provoquant une érosion lente mais irréversible, et permettant à une énorme masse calcaire d’affleurer, telle qu’on la voit aujourd’hui. Les rochers abritent par ailleurs de nombreuses grottes, des courants d’eau se jettent dans des poches appelées " marmites de géants ".

La route côtière est splendide, l’envie de s’arrêter pour admirer le paysage surgit à chaque virage…

Puis vient le moment tant attendu : nous arrivons à hauteur des majestueuses Cliffs of Moher. On sort les bonnets car ça décoiffe, mais le soleil est au rendez-vous et la luminosité qu’il projette sur les falaises nous offre un spectacle de toute beauté. Certaines d’entre elles atteignent 214 mètres de haut. 

Mais avoue-on le, ma grande attente est de pouvoir observer les fameux puffins (macareux) censés coloniser les lieux. Au 1er coup d’œil je n’en vois pas, David va donc aux nouvelles auprès d’un ranger qui nous montre où les oiseaux se situent. Il me prête ses jumelles de compétition pendant que David lui fait la conversation. J’admire pendant un long moment ces superbes oiseaux que nous avons découvert en Islande il y a 2 ans. Il y en a aussi de l’autre côté de la tour d’observation, dommage que mon appareil photo ne me permette pas de zoomer davantage, ni de photographier leur vol frénétique. Voici ce que j’ai réussi à faire de mieux :

Déjeuner dans un pub de Toundstone puis nous traversons l’intérieur de la région, apercevons les fameux " turloughs " (en hiver, les nappes phréatiques remontent et débordent, créant ces petits lacs, qui disparaissent pendant l’été, le calcaire se fendillant et laissant passer l’eau). Nous visitons une parfumerie (la + ancienne du pays) et son jardin aromatique, au milieu de nulle part, un film intéressant y est projeté.

Le Burren est riche en sites archéologiques. On y trouve de très anciens forts tels que celui de Cahercommaum bâti au IX siècle sur trois anneaux concentriques. Nous décidons de tenter la petite rando pour nous y rendre depuis le panneau indiquant le site sur le bord de la route. Nous marchons, marchons, marchons, le sentier commence à s’effacer, nous avons déjà ouvert plusieurs barrières, croisé des vaches et leur progéniture, pénétré un bois, traversé un petit ruisseau, aperçu des chèvres avant de tomber sur des ruines… mais visiblement pas celles du fort que l’on cherche ! Sur la seconde photo, David scrute l'horizon en quête de ce mystérieux fort...

On finit par s’emmêler dans les ronces avant de faire demi-tour en désespoir de cause. En revenant au parking, au bout d’1h30 de marche en tout… on découvre une pancarte planquée derrière un arbre qui fléchait la direction du site à partir d’un chemin parallèle à celui que nous avons emprunté ! Le temps nous manque pour repartir, c’est déçus et énervés par notre erreur que nous remontons dans la voiture, en rage de ne pas avoir pris le temps de bien repérer notre parcours dès le départ.

Il y a aussi de nombreux sites mégalithiques, comme le célèbre dolmen de Poulnabrone qui se trouve dans un champ à quelques mètres de la route. Ce monument dont l’âge est estimé à 5 000 ans servit vraisemblablement de tombe.

On reprend la route vers le Nord et choisissons de faire étape dans le village de Kinvara qui nous avait bien plu ce matin, avec sa baie dominée par un vieux château fort, son petit port et ses maison colorées.

On s’arrête au hasard dans un B&B très sympa, un peu à l’écart du centre : "The Meadow". En se promenant avant de dîner, on remarque un pub bondé où des musiciens jouent de la véritable musique traditionnelle irlandaise, mais lorsque nous y revenons pour y boire un verre en fin de soirée, plus personne à l’horizon, décidément, quelques soucis d’organisation aujourd’hui ! 

Lundi 17 mai : Nous prenons notre petit déjeuner dans le salon du B&B dont les murs sont entièrement recouverts de photos qui nous font plonger dans la vie de cette famille nombreuse, puis c’est déjà le jour du retour vers Dublin, où nous attend (normalement) notre vol du lendemain. Il s’agit donc aujourd’hui de traverser le pays d’Ouest en Est, soit environ 4 heures de route. Etape très intéressante à Clonmacnoise où se trouvent les vestiges de la + grande cité monastique de l’Irlande médiévale fondée au VIème siècle.

 

On y découvre les ruines de 8 églises dont une cathédrale, de hautes tours rondes, des grandes croix et de nombreuses tombes.

 

Nous faisons le reste du chemin vers Dublin et cherchons un B&B autour de l’aéroport. On trouve notre bonheur dans la ville de Swords où il reste des chambres disponibles au "Tirconaill B&B". Les bus en direction de la capitale s’arrêtent juste en face ce qui nous évite de galérer en voiture dans Dublin. On part visiter la ville en fin d’après-midi… un peu déçus, les monuments ne sont pas mis en valeur, l'architecture d'ensemble n'est pas très harmonieuse. Quelques endroits remarquables cependant comme le château de Dublin, la cathédrale protestante St Patrick (construite au 13ième siècle dans le style gothique) avec son petit parc et la cathédrale anglicane Christ Church (symbole de la présence anglaise, elle fut construite à partir de 1170 mais remaniée au 19ième siècle, c'est une combinaison de style roman et gothique). Mais ils ont eu la "grande" idée de faire circuler les voitures en dessous de son arche, ce qui gâche un peu la beauté du site.

Promenade dans les rues pavées de Temple Bar. Quartier peu fréquentable au XVIIIème, menacé de démolition dans les années 1980, il a été considérablement rénové et est devenu LE quartier branché de la capitale. Magasins trendy (à la mode), restaurants et pubs, galeries d'art, centres culturels, cinémas, ateliers d'artistes se côtoient dans ce haut lieu de la vie culturelle irlandaise.

Un peu de shopping et on attrape le bus du retour.

Mardi 18 mai : on quitte le B&B à l’aube pour se rendre à l’aéroport, on cherche du regard un éventuel avion dans le ciel pour nous rassurer sur l’ouverture de l’espace aérien, mais il est encore trop tôt. On dépose notre Micra au loueur en ayant optimisé la consommation d’essence (sur la réserve depuis hier soir !) et empruntons la navette mise à disposition. Une fois entrés dans le hall de l’aéroport c’est la cohue, les passagers laissés " en rade " la veille, sous tension, patientent dans les salles d’enregistrements bondées. Mais le nuage de cendres nous épargnera encore aujourd’hui et nous décollons à l’heure prévue vers Marseille. Fin des vacances, nous allons retrouver avec bonheur notre petit amour qui nous attend à la maison et peut-être lui chanter une balade irlandaise pour lui conter notre séjour…


Publié à 11:00, le 3/07/2010, Irlande
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