Carnet de bord

Sultanat d'Oman : des tortues au pays de l'or noir

 

Vous commencez à connaître ma passion pour les tortues, un de mes vieux rêves était d’assister à leur ponte et à la naissance de leur progéniture. Evénements rares que l’on a l’habitude de voir dans les reportages animaliers tournés au bout du monde dans des endroits quasi inaccessibles. Je suis tout de même partie en quête du grâle… sur internet. C’est ainsi qu’il y a quelques années j’ai découvert  le site web d’une réserve naturelle au nom bien compliqué, localisée dans un pays que j’avais presque du mal à situer avec exactitude sur une carte du monde. J’avais surtout retenu que c’était l’un des principaux lieux de ponte des tortues vertes et j’avais précieusement enregistré ces informations dans mes archives numériques.

 

A la maison depuis ma dernière grossesse, je commençais à sérieusement manquer d’air. Mon cher et tendre ne pouvant pas prendre de vacances pour des raisons professionnelles, j’avais récemment décidé de partir en solo quelques jours. Dans ce contexte, quoi de mieux que de ressortir ce beau projet ? Après quelques recherches complémentaires je suis naturellement retombée sur le Sultanat d’Oman et cette fameuse plage de Ras Al-Jinz où mes créatures préférées viennent déposer leurs œufs toute l’année mais essentiellement entre juin et septembre.

 

Mes hésitations entre les différentes compagnies aériennes se sont vite dissipées eu égard à la durée et au nombre d’escales imposées. J’ai donc opté pour un vol direct (de nuit) avec Oman Air. Concernant mon organisation sur place, j’ai rapidement abandonné l’idée d’utiliser les transports en commun locaux car ils sont très rares. Les princes du pétrole ne jurent que par la voiture, quel intérêt  de payer un trajet en bus ou de construire des lignes ferroviaires quand l’essence coule à flots ? La meilleure option est donc la location d’un véhicule, le réseau routier (hors désert et montagnes) est excellent. Toutefois, si cela ne m’effraie pas de voyager seule, je ne suis pas assez téméraire pour conduire dans un pays non francophone, en cas de problème tout devient vite trop compliqué… Me restait donc la solution de réserver une voiture + un chauffeur par l’intermédiaire de « Comptoir des Voyages » qui m’a déniché une très bonne agence locale :

Je me suis ainsi concocté un petit programme de visites condensé sur 4 jours de dépaysement total garanti !

 

JOUR 1 :

 

Pas de regret d’embarquer avec Oman Air, mon vol est de très loin le + agréable depuis celui que j’ai emprunté pour New-York il y a 15 ans (quand j’avais été surclassé en classe affaires !). Les avions de la compagnie omanaise sont apparemment très récents avec écran tactile individuel. Comptez une bonne heure pour comprendre toutes les fonctionnalités de votre nouveau jouet (environ 50 films, des jeux, une connexion internet, des caméras embarquées…)  et il n’en reste plus que 6 avant l’atterrissage !

 

Première sensation sur la passerelle en sortant de l’avion : une chaleur intense, est-ce le réacteur de l’engin ? Non, juste la température extérieure à seulement 7H du matin !!! En attendant la construction du nouvel aéroport actuellement en cours, Mascate doit se contenter d’un petit terminal malgré le nombre important de vols accueillis. Tout est donc dans le même hall : bureau de change, guichet pour l’obtention du visa (5 rials) et point de contrôle du passeport. Une fois ces étapes accomplies, je profite de mon transfert à l’hôtel pour avoir un premier aperçu des alentours de la capitale. J’ai réservé une chambre à l’IBIS situé dans le quartier moderne de AL-Khuwair qui est très cosmopolite, en perpétuelle transformation, il regroupe espaces commerciaux, centres d’affaires, hôtels, zones résidentielles,… Je pose mes valises, prend une douche et quitte vite ma chambre pour ne pas me laisser tenter par un confortable lit après une courte nuit de sommeil dans l’avion.

 

Quand la réceptionniste m’annonce qu’un taxi me demandera entre 5 et 8 rials (10 à 16€) pour me déposer à la Grande Mosquée (qui m’a semblée très proche lors de mon trajet depuis l’aéroport), je décide d’y aller à pieds. Mais + j’avance et demande mon chemin aux locaux, + ils m’assurent que c’est trèèèès loin et « impossible » d’y aller sans voiture. Je finis donc par prendre un taxi qui ne me demande déjà plus que la moitié du montant initial… et pour cause… j’avais déjà parcouru l’essentiel du chemin et il me dépose à peine 1 ou 2km + loin ! Les chaussures des Omanais ne doivent vraiment pas être usées !

 

La Grande Mosquée a été inaugurée en 2001, c’est la + majestueuse de tout le Sultanat. Construite par un architecte omanais et un autre londonien, elle allie tradition et modernité. Elle peut accueillir 20 000 fidèles sur 416 000 m2.

 

 

Joli jardin fleuri à l’entrée. Quatre minarets de 45m délimitent l’espace du bâtiment et un cinquième s’élève au milieu (écho des 5 piliers de l’islam).

 

 

La salle de prières des hommes est la + impressionnante sous son immense dôme. Marbre blanc aux murs, portes sculptées, mihrab tourné vers la Mecque. 

 

 

La confection du tapis persan de 4 263m2 a nécessité 4 années de travail par 600 professionnels. 35 lustres en cristaux de Swarowski.

 

 

La salle de prières des femmes.

 

 

Sous les arcades (« riwaqs »), des salles auxiliaires, notamment celles destinées aux ablutions.

 

 

 

 

 

 

Je reprends le même taxi jusqu’à Mutrah. Ce quartier vivant et populaire est depuis longtemps un lieu d’échange et de commerce. Je me fais déposer au marché aux poissons.

 

 

 

 

 

 

L’odeur est saisissante mais l’ambiance qui y règne vaut vraiment le détour. Les belles prises du jour se négocient dans la bonne humeur.

 

 

Une fois choisies par le client, les poissons sont vidés et écaillés de main de maître.

 

 

 

En longeant la corniche récemment aménagée, on observe le port, de jolies maisons aux façades blanches avec leurs balcons de bois et des forts à flan de colline.

 

 

 Quelques boutres traditionnelles qui côtoient les navires militaires en escale...

 

 

Le quartier est célèbre pour son souk à côté de la belle mosquée Lawati au dôme bleu. 

 

 

Véritable caverne d’Ali baba organisée par activité (tissus, épices, encens, nourriture,…etc). 

 

 

Comme nous sommes hors saison touristique, j’y croise surtout la population locale venue faire ses emplettes et je peux me balader tranquillement sans être trop sollicitée par les vendeurs.

 

 

 

 

 

 

La seule chose qu’ils me proposent tous sur mon passage c’est un « pashmina… une écharpe par 40 degrés !

 

 

Je traverse le dédale de ruelles où s’écoule la vie quotidienne des habitants derrière les lourdes portes en bois des maisons accolées. Pause coca en terrasse et je reprends le chemin de la corniche qui longe la baie pour tenter d’atteindre la vieille ville de Mascate.

 

 

J’ai du mal à me repérer sur mon plan et à juger la distance qui me sépare de cet endroit, mais je peux compter sur l’extrême gentillesse des Omanais. L’un d’entre eux, après m’avoir indiqué la route, m’offre deux bouteilles d’eau (il a du craindre que je meurs de déshydratation tant la chaleur est forte) et un autre me propose carrément de m’y déposer avec son pick-up de service, ce que j’accepte volontiers. Pour le coup la route était encore longue et surtout pentue en arrivant par les hauteurs de la ville, superbe panorama :

 

 

 

La vieille ville de Mascate est très particulière, à l’opposé de l’ambiance grouillante de Mutrah. Nichée au calme entre les roches ocres, la cité royale renferme essentiellement d’imposants bâtiments administratifs (notamment le somptueux ministère des Finances), des écoles, musées, hôpitaux

 

 

 

et surtout une des résidences du Sultan : le palais Al-Alam. 

 

 

Derrière ses pelouses impeccables et ses parterres de fleurs multicolores, l’imposant bâtiment se dresse sur de larges colonnes bleues et dorées. Le Sultan y reçoit ses hôtes étrangers. L’autre façade du palais donne sur la mer.

 

 

Les rues immaculées et bordées de belles maisons blanches sont incroyablement désertes. On pourrait croire à une ville fantôme mais quelques gardes royaux, jardiniers et agents d’entretien percent discrètement le silence ambiant.

 

 

Perchés de part et d’autres de la baie à flan de collines, deux forts (Mirani et Jalali) surplombent la ville et gardent leur fonction défensive puisqu’ils sont encore occupés aujourd’hui par des forces armées au cas où des pirates quelque peu suicidaires abordent la côte !

 

 

De belles portes jalonnent la ville fortifiée. Je quitte ce surprenant quartier pour rentrer à l’hôtel. Un gentil papy me propose de partager son taxi jusqu’à Mutrah pour rien du tout et me négocie la suite de la course pour 2 rials, soit 3 fois moins cher que le tarif officiel. En + de me trimballer pour pas grand-chose, le chauffeur décide de me montrer le quartier animé de Al Qurm avec sa jolie plage bordée d’hôtels de luxe.

 

 

C’est aussi le poumon vert de Mascate grâce à ses grands parcs très fréquentés par les familles locales.

Le taxi m’arrête ensuite dans un resto branché du coin juste pour en admirer la super déco : reconstitution d’une jungle tropicale. De retour à l’hôtel je m’effondre pendant 2 heures avant de descendre dîner au MacDo du coin !

 

JOUR 2 :

 

Je fais connaissance ce matin avec Tariq, mon chauffeur pour le reste du voyage. Lui-même organisateur de treks à travers le pays, il possède de vraies compétences de guide au-delà de ses capacités de conducteur de 4X4. On part en direction du Sud en empruntant la nouvelle route côtière. Arrêt dans le village de pêcheur de Quriyat.

 

 

Un chemin traverse les salines où l’on peut observer de jolies barques. Une tour se dresse sur une petite île accessible à pieds par marée basse.

 

Il fait si chaud qu’en sortant de la voiture climatisée de la buée se développe à l’intérieur de mon appareil photo ! Brouillard complet sur mes prises de vue, c’est un comble par un temps si lumineux. Heureusement que mon téléphone peut assurer le relais pendant que mon bridge se remet de ses émotions !

 

Comme Tariq doit se lasser de l’itinéraire classique prévu par son agence, il décide de sortir des sentiers battus pour me montrer des endroits qu’il connaît, hors zone touristique. Tout d’abord Wadi Dayqah et son barrage.

 

 

Puis il s’attaque à une interminable route de montagne fort chaotique. Chemin impraticable sans 4X4, certains passages sont très étroits, pentus, difficiles à négocier. Je soupçonne mon pilote de bien s’éclater à travers cette conduite sportive pendant que les bagages font des bonds dans le coffre… ainsi que mon estomac !

 

 

Notre rallye raid nous amène jusqu’au joli wadi Suwayh, au pied de la montagne.

 

 

 

 

 

 

Encore quelques virages et secousses pour finir la boucle et nous retrouvons la route « officielle », toute belle, lisse et droite !!! Arrêt au surprenant trou d’eau « Bimmah ».

 

 

D’après la légende, c’est l’impact d’une étoile ou d’une comète qui aurait formé ce trou de 20m au fond duquel on peut se baigner dans une eau turquoise, provenant à la fois de la montagne (en sous-sol) et de la mer toute proche.

 

 

 Un peu + loin, à Fins, s’étend la belle plage de White beach…

 

 

Nous arrivons à Wadi Shab en milieu de journée, le soleil est à son zénith, il fait plus de 40°C quand j’entreprends la rando qui mène aux vasques d’eau douce couleur émeraude. Pour cela il faut d’abord franchir la rivière à bord d’une barque.

 

 

Ensuite un petit sentier serpente entre les palmiers jusqu’au cœur du wadi.

 

 

 

 

 

 

L’eau disparaît laissant place à la caillasse entre les montagnes aux parois abruptes qui sont égayées par des touches de verdure. Puis, tel un oasis dans ce désert de pierre, l’eau réapparait au fond des gorges.

 

 

Il faut compter environ ¾ d’heure pour atteindre les + jolies vasques bordées de petites plages de cailloux.

 

 

Le chemin n’est pas toujours évident et nécessite un peu de grimpette sur les rochers, mais magnifique récompense à l’arrivée…

 

 

Malgré mon état de liquéfaction avancé, je m’extasie devant ce paysage splendide où l’eau, les palmiers et la roche cohabitent.  En se baignant dans les derniers bassins, il est possible d’accéder à une caverne de quelques mètres de diamètre mais très profonde (je n’ai donc pas tenté l’expérience pour éviter de me noyer avant d’avoir vu les tortues !).

 

Pause dans ce lieu idyllique pour admirer le paysage, reprendre mon souffle, terminer ma bouteille d’eau bouillante (j’aurais du prendre un sachet de thé à l’hôtel ce matin, il aurait pu y infuser sans mal !).

 

 

Sur le chemin du retour je me rafraichis la tête avec cette eau limpide. Le trajet est physiquement moins difficile qu’à l’aller car une des parois du wadi est désormais à l’ombre. Ma petite séance d’escalade peut reprendre, le but du jeu étant de se faufiler entre le labyrinthe de rochers en cherchant la voie la + praticable. Toutefois impossible de se perdre puisque l’on suit le lit du cours d’eau, tantôt asséché, tantôt visible.

 

Mes jambes commencent à tétaniser et le dernier kilomètre me semble durer une éternité ! Je crois à un mirage quand la rivière réapparait et que le gamin remonte dans sa barque pour me ramener sur l’autre rive où Tariq m’attend, tout étonné que je sois allée jusqu’au bout de la rando par cette chaleur !

 

On rejoint Wadi Tiwi où l’on peut aussi entreprendre une marche sportive mais ayant atteint mes limites physiques à Wadi Shab, je me contente de prendre de jolies photos là où s’arrête notre 4X4 ! Une route de montagne suit le wadi sur 36km reliant hameaux perdus et cultures en terrasse. Cet itinéraire nécessite plusieurs heures de conduite mais ce n’est pas notre objectif du jour. Avant de rejoindre le scientific center tant attendu, nous passons par  « Sur ».

 

 

Cette ville est célèbre pour ses boutres, bateaux qui ont fait sa prospérité et dont la fabrication perdure de nos jours.  Nous visitons ainsi un chantier où  ces grandes embarcations en bois sont en cours de construction.

 

 

On grimpe sur des échelles de fortune pour admirer le travail des ouvriers qui ont conservé le savoir-faire d’antant.

 

 

 

 

 

 

 

Grand port de commerce de marine à voile, Sur avait développé une activité économique florissante au début du XXème siècle. Le site est en effet idéal puisque une bande de terre protège la lagune de la mer et forme un abri naturel.

 

 

Le quartier historique de Al-Ayja entoure ainsi une partie de la lagune. Il a beaucoup de charme avec ses pittoresques maisons blanchies à la chaux et son phare.

 

 

Le bras de mer qui se vide à marée basse est traversé par un pont flambant neuf reliant la ville moderne et la ville ancienne.

 

 

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